{"id":112,"date":"2018-02-28T00:02:08","date_gmt":"2018-02-27T23:02:08","guid":{"rendered":"http:\/\/secretfires.net\/magazine\/?p=112"},"modified":"2021-03-15T22:00:55","modified_gmt":"2021-03-15T21:00:55","slug":"le-monstre-venu-de-coree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/2018\/02\/28\/le-monstre-venu-de-coree\/","title":{"rendered":"Le monstre venu de Cor\u00e9e"},"content":{"rendered":"<pre><em>A l'occasion des Jeux paralympiques de Pyeongchang, qui se d\u00e9roulent du 9 au 18 mars 2018, saisis d'une pulsion si archa\u00efque qu'elle remonte vers des profondeurs d'une amplitude presque insoutenable, les courageux archivistes de <\/em><strong>Secret Fires Magazine<\/strong><em> l\u00e8vent le voile sur la correspondance \u00e9pistolaire 2017 de<\/em> <strong>Slumpower<\/strong> <em>et son monstrueux Printemps-\u00c9t\u00e9 des Monstres 2. En voici la teneur !\r\n  -Pete a.k.a. Freddy Van Ballast<\/em><\/pre>\n<p>Quand on aime bien le cinoche depuis longtemps et qu&rsquo;on regarde un peu en arri\u00e8re, on distingue des moments-cl\u00e9s, on se rem\u00e9more des moments o\u00f9 tout \u00e0 coup un film se faisait l&rsquo;\u00e9cho d&rsquo;un besoin plus vaste, recr\u00e9ant un langage suffisamment pertinent pour g\u00e9n\u00e9rer ce qu&rsquo;on appelle une vague, un courant. Et c&rsquo;est tr\u00e8s stimulant \u00e7a, de voir appara\u00eetre un langage, des th\u00e9matiques nouvelles ou un nouveau point de vue sur celles-ci, oui, vraiment, y a rien de plus stimulant que de vivre cela en direct, et de se sentir concern\u00e9 par ce langage. Ca peut quasi se ressentir tr\u00e8s personnellement comme une sorte de lib\u00e9ration : enfin, quelqu&rsquo;un me parle, ou, plus s\u00fbrement, enfin quelqu&rsquo;un parle \u00e0 ma place.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-227\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zpar1-par2.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zpar1-par2.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zpar1-par2-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>C&rsquo;est ce qui m&rsquo;est arriv\u00e9 quand j&rsquo;ai vu <strong>Memories of Murder<\/strong> et d\u00e9couvert pour la premi\u00e8re fois ce qu&rsquo;on appellera par la suite \u00ab\u00a0le cin\u00e9ma cor\u00e9en\u00a0\u00bb. Non pas qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 moins cor\u00e9en avant bien s\u00fbr, mais via une poign\u00e9e de r\u00e9alisateurs, <strong>Bong Joon-Ho<\/strong>, <strong>Park Chan Wook<\/strong>, <strong>Na Hong-jin<\/strong>, et plus r\u00e9cemment <strong>Sung Bo Shim<\/strong> via l&rsquo;excellent <strong>Sea Fog<\/strong>, il a fini par vraiment prendre la forme d&rsquo;un courant global, d&rsquo;une \u00e9cole, ce qui fait que lorsqu&rsquo;on entend \u00ab\u00a0cin\u00e9ma cor\u00e9en\u00a0\u00bb aujourd&rsquo;hui, pour ceux qui y ont d\u00e9j\u00e0 go\u00fbt\u00e9, \u00e7a veut dire quelque chose d&rsquo;assez pr\u00e9cis. Ces r\u00e9als ont au moins deux point communs : un sens de composition du cadre et de mise en sc\u00e8ne d&rsquo;une ma\u00eetrise extraordinaire et une volont\u00e9 s&rsquo;affirmant d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e de tout d\u00e9construire avec une distance clinique parfois tr\u00e8s kubrickienne. Vraiment tout, et avec une cruaut\u00e9, une m\u00e9chancet\u00e9 assum\u00e9e, si n\u00e9cessaire. Bref, ils ne nous veulent pas vraiment du bien \ud83d\ude09 et semblent s&rsquo;\u00eatre donn\u00e9s le mot d&rsquo;ordre d&rsquo;an\u00e9antir les fondations de notre imaginaire, de nos structures et mod\u00e8les de repr\u00e9sentation, en s&rsquo;attaquant aux genres les plus codifi\u00e9s et en les renversant plus (<strong>The Host<\/strong>) ou moins (le tr\u00e8s m\u00e9chant <strong>The Strangers<\/strong>) subtilement. Mais pas que.<\/p>\n<h2>Un cin\u00e9ma de la maladresse<\/h2>\n<p>Ce qui me touche le plus dans le cin\u00e9ma cor\u00e9en, c&rsquo;est que c&rsquo;est un cin\u00e9ma de la maladresse. A trop voir des films, mettons un film de flic, on imagine facilement en cas de souci des gestes ma\u00eetris\u00e9s de la part du flic lui permettant de sortir son flingue au bon moment et, apr\u00e8s quelques tours et d\u00e9tours de viser et tirer sur sa cible pour cl\u00f4turer en gros le grand arc narratif. Bien s\u00fbr, nous avons tous des contre-exemples, des contre-exemples globaux, mais a-t-on vraiment des contre-exemples jusque dans le d\u00e9tail ? C&rsquo;est plus rare, en g\u00e9n\u00e9ral dans un film, par rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, il y a bien trop de gestes cod\u00e9s excessivement adroits pour \u00eatre honn\u00eates, de dialogues trop fluides pour repr\u00e9senter la communication courante. Pour rendre justice au r\u00e9el, nous avons donc besoin du cin\u00e9ma cor\u00e9en, un cin\u00e9ma qui nous rappelle notre maladresse d\u00e8s qu&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement nous concerne et nous sort de nos sentiers battus, mettant par l\u00e0 m\u00eame en exergue notre extr\u00eame vuln\u00e9rabilit\u00e9. Car le cin\u00e9ma en g\u00e9n\u00e9ral, m\u00eame s&rsquo;il met en sc\u00e8ne des loosers, est globalement, du comportement des persos \u00e0 leurs interactions, leurs actions, trop bien huil\u00e9es pour \u00eatre r\u00e9elles, cr\u00e9ant une r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tant finalement propre qu&rsquo;au cin\u00e9ma, car dans la vraie vie, juste pour qu&rsquo;une phrase soit vraiment comprise par son interlocuteur, ben c&rsquo;est pas si \u00e9vident.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-231\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zlib.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zlib.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zlib-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>Le cin\u00e9ma cor\u00e9en, par moments, semble nous montrer pour la premi\u00e8re fois de la r\u00e9alit\u00e9 dans la fiction, et \u00e7a fait tout bizarre, l&rsquo;impression de la voir repr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois, la r\u00e9alit\u00e9, avec tous ses contretemps et ses rendez-vous manqu\u00e9s, ses d\u00e9rapages incontr\u00f4l\u00e9s et dialogues de sourds. C&rsquo;est absurde, oui, souvent, mais comme les cons\u00e9quences sont souvent tr\u00e8s s\u00e9rieuses, voir irr\u00e9versibles, ce n&rsquo;est pas un absurde qui met de la distance, non, c&rsquo;est un absurde chevill\u00e9 au r\u00e9el, ce sont nos vies, plus ou moins, faites souvent de sorties de routes, de d\u00e9tours et de roues de hamster gripp\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;absurde n&rsquo;est donc pas ici un point de vue permettant une quelconque distanciation critique, non, l&rsquo;absurde c&rsquo;est la trag\u00e9die humaine m\u00eame et \u00e7a nous concerne \u00e0 chaque instant. Perdre quelqu&rsquo;un de cher \u00e0 cause d&rsquo;une glissade. Le cin\u00e9ma cor\u00e9en, c&rsquo;est un cin\u00e9ma qui nous dit qu&rsquo;on n&rsquo;a pas forc\u00e9ment besoin d&rsquo;apocalypse nucl\u00e9aire pour que l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re se casse la gueule dans les escaliers ; il pourrait bien suffire qu&rsquo;un fils et son p\u00e8re ne parviennent plus \u00e0 communiquer, il pourrait bien suffire de rater un train, un seul, ou de ne pas r\u00e9pondre au t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-230\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zmaladresse.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zmaladresse.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zmaladresse-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>Cette maladresse, finalement plus propre \u00e0 l&rsquo;homme qu&rsquo;aux animaux, cette gr\u00e2ce qui fait un peu d\u00e9faut, si peu exploit\u00e9e, si rarement montr\u00e9e, cette vuln\u00e9rabilit\u00e9 de chaque instant, le cin\u00e9ma cor\u00e9en &#8211; et plus que tout celui de <strong>Bong Joon-Ho<\/strong> &#8211; en a quasiment fait sa profession de foi. Pour lui, rien de ma\u00eetris\u00e9 dans le monde des hommes, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un grand bordel qui ne semble que tr\u00e8s vaguement ordonn\u00e9 via quelques institutions diffusant des modes de programmation communs permettant de ne pas nous rentrer dedans les uns les autres \u00e0 chaque instant, mais ne proposant pas pour autant de direction commune prometteuse, juste une direction commune grosso modo s\u00e9curitaire, pas grand chose de plus qu&rsquo;une rampe d&rsquo;escalier. Par cons\u00e9quent, un s\u00e9rieux absolu n&rsquo;a aucune raison d&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est au contraire l&rsquo;illusion supr\u00eame, le toc ultime. Pire, cette rampe d&rsquo;escalier, ces institutions qui nous s\u00e9curisent, ne sont-elles pas elles aussi au moins un peu le terreau de notre maladresse m\u00eame, incubateur de langages communs autant que de gestes robotiques d\u00e9glingu\u00e9s et mim\u00e9tiques ?<\/p>\n<h2>De la d\u00e9construction \u00e0 tous les \u00e9chelons<\/h2>\n<p>Comme on sait pas, on va d&rsquo;abord d\u00e9construire tout, tout ce qui tient debout, \u00e0 commencer par tous les sch\u00e9mas de repr\u00e9sentation populaire, et on verra ce qui reste \u00e0 la fin. Le chaos absolu, l&rsquo;enfer partout et \u00e0 chaque instant pour <strong>Na Hong-jin<\/strong> (<strong>The Strangers<\/strong>), la communication intuitive et la ma\u00eetrise de soi retrouv\u00e9es pour le plus optimiste <strong>Bong Joon-Ho<\/strong>.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-228\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zdeconstr.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zdeconstr.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zdeconstr-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>Mais dans les deux cas on commence avec une famille fragile, puis on ajoute des mis\u00e8res \u00e0 leur mis\u00e8re, avec un sens du timing et de progression dans la cruaut\u00e9 proche de la vivisection.<\/p>\n<p>Comment parler des probl\u00e8mes invisibles de toute une soci\u00e9t\u00e9, et pourquoi pas de tout un monde ? Comment rassembler toutes les esp\u00e9rances d\u00e9\u00e7ues d&rsquo;individus et de tout un peuple ? Comment parler des rapports familiaux, ceux qui la constituent n&rsquo;ayant jamais appris \u00e0 communiquer vraiment ? Comment leur donner forme, les mettre en lumi\u00e8re ? L\u00e0 encore, un moyen de s&rsquo;y prendre, c&rsquo;est d&rsquo;imaginer un monstre perturbateur, un monstre de proximit\u00e9, un monstre d&rsquo;ultra-proximit\u00e9 qui, comme toi et moi, est, pour celui qui nous int\u00e9resse ici, souvent franchement maladroit et ne sait pas toujours vraiment ce qu&rsquo;il fait l\u00e0 ;-).<\/p>\n<h2>The Host<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-192\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host2-1.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host2-1.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host2-1-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<pre><strong>GWOEMUL \/ THE HOST<\/strong> (2006)\r\nJoon Ho Bong\r\n<a href=\"http:\/\/www.imdb.com\/title\/tt0468492\/\">imdb<\/a> | <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=111431.html\">allocine<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.rottentomatoes.com\/m\/the_host_2007\">rottentomatoes<\/a><\/pre>\n<p>Pas simple de parler de <strong>The Host<\/strong> qui est, haut la main, le meilleur film de monstre que j&rsquo;ai jamais vu, mieux, c&rsquo;est tout simplement le meilleur film que j&rsquo;ai jamais vu tous genres confondus, pas simple donc de lui rendre ce qu&rsquo;il m&rsquo;a donn\u00e9. Quand je veux voir un chef d&rsquo;oeuvre humain, d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9, aussi frappadingue que tragique et puissant, je regarde The Host. Ce film a remplac\u00e9 le Parrain 2, Voyage au Bout de l&rsquo;Enfer, Terminator 2 et j&rsquo;en passe. Pire, \u00e0 chaque vision, il grandit. Ma passion pour ce film a subi la m\u00eame mutation que l&rsquo;esp\u00e8ce de triton de la rivi\u00e8re Han, une croissance aberrante.<\/p>\n<p>Donc difficile pour moi de parler de The Host, je pourrais dire que c&rsquo;est formellement le film le plus ma\u00eetris\u00e9 que j&rsquo;ai jamais vu, avec un travail des seconds et arri\u00e8re-plans qui est de l&rsquo;ordre non pas juste du g\u00e9nie, mais presque, par moments, du miracle. On peut s&rsquo;\u00e9clater juste en regardant les arri\u00e8re-plans, c&rsquo;est dire. Il s&rsquo;y passe toujours quelque chose, de bord\u00e9lique, d&rsquo;\u00e9trangement touchant car \u00e9trangement r\u00e9aliste, vu les circonstances en tout cas, avec une gestion du timing et de la chor\u00e9graphie si r\u00e9ussie que tout semble couler de source dans le vautrage collectif.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/uoYURokHuZ4?rel=0&amp;showinfo=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p>Je pourrais parler en d\u00e9tail du personnage principal, mon pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 tous films confondus. Alors c&rsquo;est s\u00fbr, pour certain ce ne sera pas tr\u00e8s subtil : se faire enlever un bout de cerveau pour au final retrouver la raison et la volont\u00e9 et gu\u00e9rir de la narcolepsie, c&rsquo;est pas forc\u00e9ment \u00e9vident, et pourtant, \u00e0 mon avis, c&rsquo;est d&rsquo;une justesse psychologique et physiologique tr\u00e8s fine, tout en restant, dans la forme, une satire tr\u00e8s punk et d\u00e9licieusement grotesque.<\/p>\n<p>Je pourrais parler des apparitions du monstre, toutes r\u00e9ussies, et du monstre lui-m\u00eame qui, ma foi, ressemble comme deux gouttes d&rsquo;eau au personnage principal : il ne sait pas trop ce qu&rsquo;il fait l\u00e0, il est un peu d\u00e9pass\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements, apr\u00e8s tout il n&rsquo;a pas demand\u00e9 \u00e0 muter.. Il bouffe des humains, oui, mais c&rsquo;est parce qu&rsquo;on est en ville, qu&rsquo;il y a rien d&rsquo;autre, il s&rsquo;en passerait bien, au fond, de toute cette agitation et ces cris. Pour preuve, d\u00e8s qu&rsquo;il a aliment\u00e9 son garde manger, il va se cacher ;-). Car oui c&rsquo;est un film de monstre au sens le plus noble du genre, et la d\u00e9construction \u00e0 ce niveau est moins \u00e9vidente que pour les autres th\u00e8mes du film. Et pourtant elle est bien l\u00e0, en t\u00e9moigne sa premi\u00e8re apparition, d&rsquo;une puissance rare et d&rsquo;une beaut\u00e9 formelle jamais vue en ce qui me concerne, oui il s&rsquo;agit de gr\u00e2ce, mais pas n&rsquo;importe laquelle, la m\u00eame que le perso principal, une gr\u00e2ce jusque dans le vautrage, sans jamais que \u00e7a ne pue le tour de force, la maladresse trop \u00e9tudi\u00e9e. Non, tout fait sens et sensation, tout semble d&rsquo;une honn\u00eatet\u00e9 d\u00e9sarmante, comme cette chute du monstre qui suit quasi imm\u00e9diatement sa premi\u00e8re apparition, hop, en un plan s\u00e9quence compl\u00e8tement fou, d&rsquo;une po\u00e9sie de chaque seconde, tout un cin\u00e9ma en m\u00eame temps qu&rsquo;une profession de foi tr\u00e8s personnelle se dessine.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-212\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/The-Host5.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/The-Host5.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/The-Host5-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>Parler de l&rsquo;\u00e9volution des membres de la famille ou de la famille elle-m\u00eame, qui partout ailleurs aurait \u00e9t\u00e9 trait\u00e9e comme un amas de bouseux ben\u00eats accident\u00e9s par la vie, mais qui est ici pr\u00e9sent\u00e9e avec un r\u00e9alisme du geste, de l&rsquo;\u00e9change de regards, jusqu&rsquo;au pied dans le tapis, cette famille nous appara\u00eet aussi dysfonctionnelle qu&rsquo;imm\u00e9diatement attachante. Au-del\u00e0 de ses \u00e9l\u00e9ments dysfonctionnels particuliers ou partag\u00e9s, la richesse d&rsquo;un individu ou d&rsquo;un groupe d&rsquo;individus semble toujours infinie. J&rsquo;ai perso eu la sensation de l&rsquo;avoir toujours connue, cette famille. Et petit \u00e0 petit, les drames s\u2019encha\u00eenant, voir les membres de cette famille perdre petit \u00e0 petit leurs maladresses pour d&rsquo;abord trouver son sens et son essence, puis ensemble former un organisme qui d\u00e9gage une force et une unit\u00e9 dingues, une unit\u00e9 de l\u00e9gende m\u00eame via une poign\u00e9e de poses iconiques du plus bel effet, bref, une vraie famille o\u00f9 chacun a trouv\u00e9 sa place et ce qu&rsquo;il peut donner \u00e0 l&rsquo;autre. Ca fait Disney ce que je dis ? Non, Spielberg peut-\u00eatre un peu, apr\u00e8s tout la famille d\u00e9compos\u00e9e, affaiblie, conflictuelle, c&rsquo;est peut-\u00eatre l&rsquo;obsession premi\u00e8re que Bong Joon Ho partage avec Spielberg en plus du sens du cadre et du mouvement de dingue. En fait, ce processus qui va de la dysfonction totale et de l&rsquo;incommunicabilit\u00e9 de chaque instant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9trange ordonnement fluide et quasi-muet de chacun des personnages avec les autres, il est tellement bien travaill\u00e9 dans chacune de ses \u00e9tapes que c&rsquo;est probablement ce qui me touche le plus dans le film.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-194\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host3.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host3.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host3-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>Parler de la musique, g\u00e9niale, bourrine et liquide, poisseuse et bondissante avec des fulgurances surpuissantes (ces frissons lorsque surgit l&rsquo;intro visc\u00e9rale du th\u00e8me du cocktail Molotov!).<\/p>\n<p>Parler de la mani\u00e8re de filmer des d\u00e9cors urbains, des blocs de b\u00e9ton, des ponts m\u00e9talliques, comme si un ing\u00e9nieur en g\u00e9nie civil tenait la cam\u00e9ra, ils sont rares les films \u00e0 donner vraiment corps \u00e0 un espace d&rsquo;ampleur, parvenant aussi bien \u00e0 en faire ressentir l&rsquo;identit\u00e9 particuli\u00e8re (voir le plan large sublime o\u00f9 la s\u0153ur court dans les herbes hautes avec son arc).<\/p>\n<p>Parler de la canette de bi\u00e8re qui relie un p\u00e8re et sa fille par-del\u00e0 la distance les s\u00e9parant, faisant office d&rsquo;improbable foyer des \u00e2mes.<\/p>\n<p>Parler des \u00e9conomies de centimes.<\/p>\n<p>Parler d&rsquo;un concours de tir \u00e0 l&rsquo;arc \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, \u00e0 la conclusion tellement embl\u00e9matique de ce cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Parler du sanglier, totem du perso principal, vu trop vite comme un paum\u00e9 int\u00e9gral et se muant pourtant, en partie par accident, en chevalier protecteur lucide et bourrin.<\/p>\n<p>Parler du final, d\u00e9chirant, o\u00f9 chaque seconde est une merveille d&rsquo;humanisme transcendant et d&rsquo;anarchie d\u00e9termin\u00e9e et parvient \u00e0 montrer l&rsquo;accomplissement de caract\u00e8res sublimes et vibrants et \u00e0 conjuguer plusieurs th\u00e9matiques dans l&rsquo;action pure, sans un mot, et \u00e7a, c&rsquo;est plus que du g\u00e9nie, c&rsquo;est un \u00e9tat de gr\u00e2ce.<\/p>\n<p>Parler d&rsquo;une glissade pr\u00e9cise qui me fait \u00e0 chaque fois pisser de rire. Ou comment avec un gag \u00ab\u00a0peau de banane\u00a0\u00bb \u00e9voquer la fragilit\u00e9 des institutions.<\/p>\n<p>Parler de l&rsquo;\u00e9pilogue, d\u00e9licatement parano, en demi-teinte, inhabituel.<\/p>\n<p>Parler de la premi\u00e8re rencontre entre le p\u00e8re et sa fille, en travelling lat\u00e9ral et jeu de gestes parfait.<\/p>\n<p>Parler du premier dialogue de sourds de toute la famille avec un agent de police, ou comment cumuler trois id\u00e9es en une sc\u00e8ne tout en d\u00e9veloppant chacun des personnages, du g\u00e9nie pur, et hilarant.<\/p>\n<p>Parler de ce plan-s\u00e9quence oufissime de la premi\u00e8re apparition du monstre qui finit par une course sur les berges du fleuve Han via un travelling lateral surpuissant avec une gestion de la lumi\u00e8re sublime. Jamais un monstre n&rsquo;aura \u00e9t\u00e9 si bien film\u00e9 dans l&rsquo;action. Plan-s\u00e9quence qui s&rsquo;ach\u00e8ve par deux chutes, celle du monstre qui se casse litt\u00e9ralement la gueule dans les escaliers, et celle du \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb qui se viande, ou comment unir deux \u00eatres vivants inadapt\u00e9s en chanson de gestes.<\/p>\n<p>Parler de ces petits moments de pure po\u00e9sie qui partout ailleurs tomberaient comme un cheveu sur la soupe mais ici parviennent \u00e9trangement \u00e0 toucher alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit de bizarreries bien schlagu\u00e9es du galetas (voir le diner familial muet et hallucin\u00e9 dans le snack abandonn\u00e9).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-196\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/The-Host4.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/The-Host4.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/The-Host4-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>Parler des dialogues, merveilleux :<\/p>\n<ul>\n<li><em>\u00ab\u00a0Elle est n\u00e9e par accident, elle est morte par accident.\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\n(Profession de foi d&rsquo;une bonne moiti\u00e9 de ce qui nous vient de Cor\u00e9e.)<\/li>\n<li><em>\u00ab\u00a0Dis donc toi, ca vallait bien le coup d&rsquo;\u00eatre dipl\u00f4m\u00e9 vu comment tu parle aux flics.\u00a0\u00bb<\/em> &#8230; <em>\u00ab\u00a0Mais qu&rsquo;est ce que \u00e7a a \u00e0 voir avec mon dipl\u00f4me ?\u00a0\u00bb<\/em><\/li>\n<li><em>\u00ab\u00a0Aussit\u00f4t qu&rsquo;il se pose quelque part, il pique un roupillon, comme un poulet malade.\u00a0\u00bb<\/em><\/li>\n<li><em>\u00ab\u00a0Elle est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, mais elle est pas morte.\u00a0\u00bb<\/em><\/li>\n<li><em>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai sacrifi\u00e9 ma jeunesse \u00e0 la d\u00e9mocratisation de ce pays et ces enfoir\u00e9s m&rsquo;donnent m\u00eame pas d&rsquo;boulot.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em><\/li>\n<li><em>\u00ab\u00a0Tu veux le laisser tranquille, il veut \u00eatre s\u00fbr d&rsquo;\u00eatre d\u00e9sinfect\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Parler de cette progression des personnages qui miment quasi tout du long maladroitement des mani\u00e8res d&rsquo;\u00eatre, essaient de communiquer \u00ab\u00a0comme il faudrait\u00a0\u00bb et continuent \u00e0 se cogner contre les murs, puis petit \u00e0 petit n&rsquo;\u00e9coutent plus que leurs sentiments premiers et laissent le corps et la bouche faire, acc\u00e9dant \u00e0 une fluidit\u00e9 inesp\u00e9r\u00e9e, c&rsquo;est tr\u00e8s intelligent car c&rsquo;est montr\u00e9 sans jamais \u00eatre soulign\u00e9, tout en progression sensible.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-190\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host2.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host2.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-host2-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<p>Bref, chez Bong Joon-Ho, il y a du Kubrick dans la description impitoyable de trag\u00e9dies humaines (avec cette m\u00eame distanciation un peu d\u00e9miurgique et glaciale par moment, comme s&rsquo;il filmait un monde de pantins d\u00e9pass\u00e9s par les \u00e9v\u00e8nements), il y a du Spielberg (cet attachement maximum aux personnages via des mouvements pour les servir par le prisme de leurs \u00e9motions), du Peter Jackson (un sens du spectaculaire et de l&rsquo;\u00e9pique g\u00e9n\u00e9reux et d\u00e9complex\u00e9), du Jacques Tati (le comique de situation, le grotesque, l&rsquo;absurde, tout ces petits d\u00e9calages et ruptures de ton qui \u00e9trangement renforcent encore les moments dramatiques), du Fincher (le monde est tout pourri, etc, on est tous d\u00e9pass\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements, y a rien \u00e0 faire, blabla) et le fruit de toutes ces influences aboutit pourtant \u00e0 quelque chose de tr\u00e8s tr\u00e8s personnel, car on n&rsquo;est pas dans la citation mais dans une oeuvre enti\u00e8re, accomplie, et le triomphe d&rsquo;un artiste en pleine possession de ses moyens.<\/p>\n<p>Et puis on en ressort lessiv\u00e9, comme apr\u00e8s avoir travers\u00e9 une vraie grande aventure, et \u00e7a, c&rsquo;est pas tous les jours. Et en repensant \u00e0 chacun des personnages de cette famille, on remarque qu&rsquo;on les aime tous, que ce sont devenus nos potes, qu&rsquo;ils se sont vraiment incarn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, loin des arch\u00e9types d&rsquo;usage. Vous vous souvenez du dernier film de moins de deux heures parvenant \u00e0 faire exister pleinement 6-7 personnages tout en proposant un vrai grand spectacle ? (si oui j&rsquo;suis preneur)<\/p>\n<p>Enfin, revenons sur le monstre, excellent m\u00e9lange de plusieurs esp\u00e8ces aquatiques et de cr\u00e9atures lovecraftiennes, il ne ressemble \u00e0 rien de connu et pourtant semble tout \u00e0 fait pouvoir exister, il y a une\u00a0 coh\u00e9rence dans ses formes et son comportement. Jamais un monstre ne ressemble autant dans son caract\u00e8re, ses mouvements, aux propos et au film tout entier, il est le miroir du personnage principal et celui de tous les inadapt\u00e9s. Alternant maladresse et \u00e9lans d&rsquo;instinct redoutables, pose iconique de malade et tr\u00e9buchements en tout genre, il a une vraie personnalit\u00e9 tr\u00e8s loin de la fonction basique de menace et va rejoindre le bestiaire mythique inoubliable aux c\u00f4t\u00e9s de Godzilla, King Kong, Predator, etc. Aucune de ses apparitions n&rsquo;est surfaite, artificiellement rallong\u00e9e, tout concourt \u00e0 le faire exister de la plus tangible des mani\u00e8res, au point de cr\u00e9er r\u00e9guli\u00e8rement de l&#8217;empathie.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc The Host, et c&rsquo;est plus que jamais le cas de le dire, c&rsquo;est de la bonne bi\u00e8re, fra\u00eeche.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube-nocookie.com\/embed\/6icONTC43dI?rel=0&amp;showinfo=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<h2>Un peu de Cor\u00e9e, en vrac<\/h2>\n<h3>Memories of Murder<\/h3>\n<p>R\u00e9f\u00e9rence incontournable du polar cor\u00e9en, sans doute LE film qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le cin\u00e9ma cor\u00e9en aux yeux des cin\u00e9philes du monde entier et diffus\u00e9 \u00e0 un plus large public cette tonalit\u00e9 toute particuli\u00e8re. Un film de l&rsquo;acte manqu\u00e9, l&rsquo;absurde dans toute sa dr\u00f4lerie puis sa cruaut\u00e9, y a du Camus dans l&rsquo;enqu\u00eate de ces bras cass\u00e9s, mais sans r\u00e9demption ici.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-187\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/memories-of-murder.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/memories-of-murder.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/memories-of-murder-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<pre><strong>SALINUI CHUEOK  \/ MEMORIES OF MURDER<\/strong> (2003)\r\nJoon Ho Bong\r\n<a href=\"http:\/\/www.imdb.com\/title\/tt0353969\/\">imdb<\/a> | <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=55483.html\">allocine<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.rottentomatoes.com\/m\/memories_of_murder_2003\">rottentomatoes<\/a><\/pre>\n<h3>Sympathy for Mr Vengeance<\/h3>\n<p>Film-choc d&rsquo;un r\u00e9alisateur sadique qui cherchera les raisons de sa violence jusqu&rsquo;\u00e0 trouver une variation enfin lib\u00e9ratrice dans le r\u00e9cent Mademoiselle. En l&rsquo;\u00e9tat ce film reste une bombe cradingue avec une \u00e9nergie furieuse.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-164\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/sympathy.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/sympathy.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/sympathy-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<pre><strong>BOKSUNEUN NAUI GEOT \/ SYMPATHY FOR MR VENGEANCE<\/strong> (2002)\r\nChan-wook Park\r\n<a href=\"http:\/\/www.imdb.com\/title\/tt0310775\/\">imdb<\/a> | <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=47562.html\">allocine<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.rottentomatoes.com\/m\/sympathy_for_mr_vengeance_2002\">rottentomatoes<\/a><\/pre>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Mademoiselle<\/h3>\n<p>Ici c&rsquo;est l&rsquo;esth\u00e8te Park Chan Wook qui parvient \u00e0 contredire ses propres m\u00e9canismes habituels, et le principe m\u00eame de m\u00e9canisme cin\u00e9matographique, pour ouvrir la voie \u00e0 des sentiments plus vrais, moins complaisants dans la violence. D\u00e9j\u00e0 un classique d&rsquo;une sensibilit\u00e9 plastique toujours virtuose mais sans doute moins m&rsquo;as-tu vu qu&rsquo;auparavant.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-161\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/mademoiselle.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/mademoiselle.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/mademoiselle-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<pre><strong>AH-GA-SSI \/ THE HANDMAIDEN \/ MADEMOISELLE<\/strong> (2016)\r\nChan-wook Park\r\n<a href=\"https:\/\/www.imdb.com\/title\/tt4016934\/\">imdb<\/a> | <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=231299.html\">allocine<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.rottentomatoes.com\/m\/the_handmaiden\">rottentomatoes<\/a><\/pre>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>The Strangers<\/h3>\n<p>Un film monstrueux plus qu&rsquo;un film de monstres, absolument jusqu&rsquo;au-boutiste, sans \u00e9chappatoire, sans repos, sans piti\u00e9, avec des qualit\u00e9s formelles immenses enti\u00e8rement au service du malaise et des sc\u00e8nes jamais vues en pagaille. Le chaos total tout de suite, c&rsquo;est bien simple, quand on pense que \u00e7a va tr\u00e8s mal, ce n&rsquo;est que le d\u00e9but. V\u00e9n\u00e9neux, hant\u00e9, mystique et naturaliste, rigoureusement impitoyable, une vraie folie noire qui irradie et d\u00e9borde de chaque plan. Vous \u00eates pr\u00e9venus, c&rsquo;est tr\u00e8s tr\u00e8s sale.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-163\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/strangers.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/strangers.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/strangers-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<pre><strong>GOK-SEONG \/ THE WAILING \/ THE STRANGERS<\/strong> (2016)\r\nHong-jin Na\r\n<a href=\"http:\/\/www.imdb.com\/title\/tt5215952\/\">imdb<\/a> | <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=230868.html\">allocine<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.rottentomatoes.com\/m\/the_wailing\">rottentomatoes<\/a><\/pre>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3><strong>Sea<\/strong> Fog<\/h3>\n<p>Tu veux de la d\u00e9pression jusqu&rsquo;au bout avec des lumi\u00e8res et un cadrage de folie ? Avec une efficacit\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve et, en filigrane, le proc\u00e8s de tout un monde au bord de l&rsquo;explosion ? Ca s&rsquo;appelle Sea Fog et c&rsquo;est une tuerie.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-162\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/sea-fog.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/sea-fog.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/sea-fog-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<pre><strong>HAEMOO \/ SEA FOG<\/strong> (2014)\r\nSung-bo Shim\r\n<a href=\"http:\/\/www.imdb.com\/title\/tt3303728\/\">imdb<\/a> | <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=230090.html\">allocine<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.rottentomatoes.com\/m\/sea_fog\">rottentomatoes<\/a><\/pre>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Dernier Train pour Busan<\/h3>\n<p>Blockbuster zombiesque efficace et souvent inventif, au final pas si classique car l&rsquo;essentiel semble \u00eatre ailleurs, les zombies permettant surtout de r\u00e9veiller de force l&rsquo;humanit\u00e9 du personnage principal.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-166\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/train-to-busan.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"337\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/train-to-busan.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/train-to-busan-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<pre><strong>BUSANHAENG \/ TRAIN TO BUSAN \/ DERNIER TRAIN POUR BUSAN<\/strong> (2016)\r\nSang-ho Yeon\r\n<a href=\"http:\/\/www.imdb.com\/title\/tt5700672\/\">imdb<\/a> | <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=246702.html\">allocine<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.rottentomatoes.com\/m\/train_to_busan\">rottentomatoes<\/a><\/pre>\n<\/li>\n<\/ul>\n<h3>The Terror Live<\/h3>\n<p>Le ben\u00eat plus ou moins volontaire cotoie le cynisme le plus d\u00e9complex\u00e9, une petite le\u00e7on de cin\u00e9ma du point de vue degr\u00e9 de tension versus moyens \u00e0 disposition.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-165\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-terror-live.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-terror-live.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/the-terror-live-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<pre><strong>DEU TAE-RO RA-I BEU \/ THE TERROR LIVE<\/strong> (2013)\r\nByeong-woo Kim\r\n<a href=\"http:\/\/www.imdb.com\/title\/tt2990738\/\">imdb<\/a> | <a href=\"http:\/\/www.allocine.fr\/film\/fichefilm_gen_cfilm=238081.html\">allocine<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.rottentomatoes.com\/m\/the_terror_live\">rottentomatoes<\/a><\/pre>\n<h2>Note du r\u00e9dacteur<\/h2>\n<p>\u00c0 noter qu&rsquo;apr\u00e8s avoir excell\u00e9 dans le mis\u00e9rabilisme, la cruaut\u00e9 et la d\u00e9construction tous azimuts des codes familiers, le cin\u00e9ma cor\u00e9en, au vu de l&rsquo;intelligence et de la sensibilit\u00e9 d&rsquo;une poign\u00e9e de r\u00e9alisateurs, risque fort de se lasser de ses propres codes d\u00e9velopp\u00e9s depuis pr\u00e8s de 20 ans, d&rsquo;arriver au bout d&rsquo;un cycle et de prendre un virage passionnant avec quelque chose comme \u00ab\u00a0la recherche de solutions\u00a0\u00bb, de s&rsquo;ouvrir vers un futur peut-\u00eatre moins parano et de s&rsquo;axer davantage sur les voies de renaissances, collectives notamment. Car ils sont encore jeunes tous ces g\u00e9nies atypiques, et tous suffisamment anarchistes pour voir plus loin que ce formidable inventaire des b\u00e9gaiements et actes manqu\u00e9s qu&rsquo;ils nous ont propos\u00e9 jusqu&rsquo;ici (il y a d\u00e9j\u00e0 un peu de \u00e7a dans le final de The Host et celui de Mademoiselle: l&rsquo;id\u00e9e de r\u00e9surrections inattendues au c\u0153ur m\u00eame du chaos).<\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-232\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zlib2.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zlib2.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zlib2-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<h2>BONUS: Le monstre selon Slumpower<\/h2>\n<p><em>Le monstre comme un r\u00e9v\u00e9lateur de soi, du monde, et du rapport de soi au monde et du monde \u00e0 soi. Mais pas n&rsquo;importe quel soi : celui qui se r\u00e9prime, s&rsquo;interdit, s&rsquo;isole, celui qui voit s&rsquo;\u00e9teindre ses r\u00eaves dans le m\u00eame mouvement, celui aussi qui refuse de vieillir ou de ressembler \u00e0 ce dont, plus jeune, il se moquait. Quand l&rsquo;\u00e9tau se resserre et que les supports amicaux, sociaux s&rsquo;amenuisent, le monstre appara\u00eet comme organisation organique qui dit \u00ab\u00a0stop\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0je le ferai, envers et contre tout\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em>Le monstre comme rempart \u00e0 l&#8217;embourgeoisement, quand les voies \u00e9clair\u00e9es pour l&rsquo;\u00e9viter y m\u00e8nent malgr\u00e9 nous.<\/em><\/p>\n<p><em>Le monstre qui appara\u00eet quand le langage est perdu ou ne m\u00e8ne pas vers nos d\u00e9sirs authentiques.<\/em><\/p>\n<p><em>Le monstre comme dernier acc\u00e8s au d\u00e9sir, aux d\u00e9sirs. Lorsque des id\u00e9ologies malades nous gouvernent et patinent, toute id\u00e9ologie h\u00e9g\u00e9monique dot\u00e9e de flagrants axes exclusifs engendre par d\u00e9dain de la diversit\u00e9, de nouvelles images de monstre. Du puritanisme (toujours largement \u00e0 l&rsquo;oeuvre, on ne baise toujours pas dans la rue \u00e0 midi) au moralisme (religieux ou non) en passant par le capitalisme dans sa forme ultra-comp\u00e9titive (cr\u00e9ant une tension et angoisse permanente, ferment id\u00e9al \u00e0 toute vision monstrueuse).<\/em><\/p>\n<p><em>Le monstre comme porte-voix, dernier cri, lorsque les savants, les progressistes, les po\u00e8tes, les sphinx et les aigles vigilants sinc\u00e8res ne savent ou ne peuvent plus nous parler de mani\u00e8re \u00e0 ce qu&rsquo;on les entendent.<\/em><\/p>\n<p><em>Le megaphone est cass\u00e9, tu pr\u00eaches dans le d\u00e9sert depuis longtemps ? C&rsquo;est alors l&rsquo;heure du monstre.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-229\" src=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zfin.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zfin.jpg 600w, https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/zfin-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;occasion des Jeux paralympiques de Pyeongchang, qui se d\u00e9roulent du 9 au 18 mars 2018, saisis d&rsquo;une pulsion si archa\u00efque qu&rsquo;elle remonte vers des profondeurs d&rsquo;une amplitude presque insoutenable, les courageux archivistes de Secret Fires Magazine l\u00e8vent le voile sur la correspondance \u00e9pistolaire 2017 de Slumpower et son monstrueux<span class=\"more-link\"><a href=\"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/2018\/02\/28\/le-monstre-venu-de-coree\/\">Continue Reading<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":378,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_locale":"fr_FR","_original_post":"http:\/\/secretfires.net\/magazine\/?p=112","footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["entry","author-slumpower","post-112","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-cinema","fr-FR"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=112"}],"version-history":[{"count":82,"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":243,"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/112\/revisions\/243"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media\/378"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=112"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/secretfires.net\/magazine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}